Depuis le Cinquième Élément de Luc Besson, on ne présente plus Pascal Charpentier Sharpi pour les intimes - le père du trucage numérique en France et lun de nos plus grands directeurs deffets spéciaux.
Loin des « coups médiatiques », cet homme de lombre enseigne depuis quelques années son savoir-faire aux étudiants de La Femis, de Louis Lumière, de la Sorbonne et surtout maintenant de lEESA (l'Ecole Européenne Supérieure dAnimation et deffets spéciaux numériques), à Orly.
Lhistoire a voulu quil sauve La Vieille
en acceptant dendosser la casquette de directeur des effets spéciaux la veille du tournage. Quand un «grand» sinvestit pour repêcher deux «petits» du naufrage, cest aussi ça le «conte moderne» de La Vieille qui roulait au super
Rencontre avec un maître du trucage et un authentique artiste.
«L'image cinémato-
graphique transmet de lémotion parce quelle est réalisée avec de la matière vivante, qui révèle toutes ses imperfections, ses impossibilités et ses miracles,
et non avec des recettes de formules à base de mathématique ! » déclare Pascal Charpentier.
«Le jour où le synthétique remplacera entièrement lêtre humain, il sera temps pour moi de changer de métier ! »
La formule est assez révélatrice de la vision du cinéma que défend Pascal Charpentier et de limpression générale qui se dégage lorsqu'on travaille à ses côtés.
Les nombreuses révolutions technologiques qui se succédèrent depuis La Guerre des Étoiles, nont pas fait oublier à Pascal Charpentier que les effets spéciaux sont les enfants des "trucages" qui ont traversé cent ans d'histoire du cinéma.
Cest dans les célèbres studios londoniens de Pinewood, pour le tournage du Cinquième Élément, que Pascal Charpentier se fait une véritable renommée dans le monde de effets spéciaux. Nous sommes en 1996 et il réussit, aux côtés dun petit génie de linformatique, un véritable défi technologique en synchronisant les fréquences des écrans d'ordinateur avec une caméra 35mm à 24 images/secondes
Une première mondiale.

Pascal avait déjà travaillé sur des films à budget important comme Les 1001 nuits de Philippe de Broca avec Gérard Jugnot et avec la jeune Catherine Zeta Jones en 1990, mais cet exploit lui valut immédiatement dêtre remarqué aux États-Unis et engagé comme « visual effects supervisor » par de grosses productions : Washington Square (1997), Que la lumière soit (1998), Belle maman (1999), Druids (2001), Au feu - Gori vatra (2003) pour ne citer queux !
Le fait que Pascal Charpentier soit doué ne fait aucun doute. Pourtant ce qui frappe, quand on a la chance de travailler avec lui, cest son approche à la fois artistique, pleine de simplicité et de «trouvailles » de la création dun effet spécial. « Moi jai besoin de passer du temps sur une image » répète-t-il. Mais le meilleur de lhomme se révèle sans doute en cas de « coup dur ». Et des préparatifs au dernier jour de tournage de La Vieille qui roulait au Super, il y en eut !

Pascal Charpentier était dabord notre contact à lEESA lécole deffets spéciaux qui soutient le film, puis il accepta dêtre notre conseiller technique, avant que le hasard ne le fasse devenir notre « directeur des effets spéciaux ». Sans revenir sur les causes -indépendantes de notre volonté- qui justifiaient ce changement imprévu, léquipe se retrouvait, à la veille du tournage de la fameuse scène entre Laurent et Florencia (celle où «le temps sarrête »), dans limpossibilité de faire le film. Cétait fin juillet : ayant accompli sa mission de conseiller technique, Pascal était parti vers de lointaines montagnes dans ces 1% à 2% de la France qui ne sont pas encore couverts par les réseaux dopérateurs téléphoniques !
Alors quil est en pleine randonnée dans les Alpes,
lun des appels téléphoniques des réalisateurs arrive enfin à lui parvenir. Sans hésiter une seconde, Pascal « sauve la situation ». Le temps de retourner au gîte et relire un storyboard quil connaissait déjà, le nouveau directeur SFX adressa un e-mail à toute léquipe en indiquant en détail la marche à suivre.

Guillaume Cabello, producteur délégué du film et co-fondateur de LIVE DREAMS, soccupa de superviser le tournage de la scène « réelle » au supermarché, tandis que Pascal Charpentier revenait à Orly deux jours plus tard pour organiser toute la partie des « effets spéciaux » sur fond vert, dans les studios de lEESA.
Nous reviendrons plus tard sur Guillaume Cabello mais sachez que cest un ancien complice de Pascal Charpentier à la « grande époque » dEx-Machina, une société de production "haut de gamme" à la pointe des nouvelles technologies. Que ce soit pour La Reine Margot, Le Hussard sur le toit, Le Huitième jour, Anna Oz, ou encore Microcosmos
les effets spéciaux, cest eux !
Autre moment où Pascal Charpentier se révéla un vrai Mac Gyver, cest quand on saperçut d'une erreur fatale: le fond bleu était... bleu. Or, ce bleu était exactement le même que celui de la chemise avec laquelle venait de tourner lacteur pendant trois jours !
Nous réservons au public du « making of » la manière dont Pascal répara cette « erreur de jeunesse » en trouvant une solution en deux temps trois mouvements
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Alors, en quoi consiste tout le travail pour les effets spéciaux de la Vieille ? Vous en saurez plus en lisant le prochain article de la catégorie « effets spéciaux » !
L'événement aura bientôt son propre site web. Date de projection :
"Tel est ton Ciné" : le nouveau festival du Téléthon
Pour la première fois, un festival de courts-métrages est organisé cette année au profit du Téléthon : le jury sera composé de professionnels comme Pascal Charpentier et Daniel Buthiaux - un animateur ayant travaillé avec de Broca et Jeunet, entre autres.
Samedi 4 Décembre 2004 de 10h00 à 12h00
- de 13h30 à 16h00 - de 16h30 à 19h00 et de 20h30 à 23h00.
Lieu :
Salle de LA TOUR
Espace DECAUVILLE
78360 VOISINS LE BRETONNEUX
Toutes les infos : www.soudja.fr.st






En quoi consistent exactement les effets spéciaux de La Vieille qui roulait au super ? Après avoir fait la lumière sur
Extrait du storyboard de
1) Les comédiens ont d'abord été filmés dans le décor réel jusqu'à la collision. Un raccord de type morphing fait le lien entre ce plan et le plan truqué suivant. Dans celui-là, la caméra effectue son mouvement à 360° sans les comédiens, autour d'un repère visuel permettant de centrer l'action - une balle de ping pong a été utilisée sur le plateau à cet effet.
2) Ensuite, les comédiens ont été filmés à part sur fond vert d'incrustation, sous la direction de Pascal Charpentier, dans un studio de l'EESA: devant une caméra fixe qui effectuait un léger travelling avant et arrière pour ajuster les valeurs de plan, Laurent et Florencia rejouaient la même scène sur un plateau tournant dont la vitesse de rotation coïncidait avec le mouvement de caméra 360° cité précédemment.
3) Les provisions ont esuite été animées en temps réel sur ce même fond d'incrustation. Les objets du panier de Florencia passaient devant la caméra avec diverses trajectoires en imitant leur comportement en apesanteur devant une caméra mobile. C'est
4) Certains objets en trois dimensions seront également rajoutés par ordinateur.
5) Au final, le tout sera assemblé au compositing, après de nombreux tests sur de puissants ordinateurs. L'ensemble de l'opération a été supervisée et sera finalisée par le conseiller technique et directeur des effets spéciaux de "La Vieille qui roulait au super" : 
Sintercalant juste avant le dernier plan avec Thierry Lhermitte, le générique de
« Je fais partie de ces privilégiés qui peuvent concilier un métier et une passion. La réalisation d'un court métrage est un projet ambitieux et difficile, et c'est donc animé par cette passion que j'ai eu envie d'ajouter ma pierre au projet de "La vieille....". C'est aussi l'envie de participer à un élan collectif, et permettre ainsi la viabilité du projet.


Voici le détail du second plan à effets spéciaux de La Vieille qui roulait au Super. Moins complexe à réaliser que le 360° (




Dans la famille des 
L'étincelle est née avec des films tel que Tron (Disney), Last-Starfighter (première apparition d'un vaisseau spatial en 3D au cinéma). J'adore les techniques liées aux trucages cinématographiques, qu'elles soient numériques ou optiques. J'ai dailleurs un très grand respect pour cette dernière, trop souvent ralliée au terme de "traditionnelle".

Quest-ce qui t'a motivé à rejoindre le projet ?


Thomas Bahloul, alias Tomtom, m'avait appris les bases d'After Effects, un logiciel de compositing il y a un an environ. J'avais eu l'occasion de voir un plan truqué par lui, où la propreté du rendu final m'avait laissé admiratif. J'ai donc décidé d'appeler Franck Petitta, directeur de l'
Trépignant sur place, je l'appelle. Il me parle alors de sa dèrnière prod en date... le clip de U2. Intérieurement, je me dis « mince, il va falloir sacrément le séduire avec 



Vous z'avez dit ?