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Dimanche 6 février 2005

Rien n'aurait sans doute pu se faire sans l'incroyable énergie déployée par notre ‘super’ première assistante, Abigail Pannier-Fraino.

Des premières nuits blanches de préparation aux dernières journées noires de tournage, Abi s'est investie à 200% sur le film en gardant une pêche terrible…

     Préparatifs du court-métrage au 'Q.G.', de mai à juillet 2004 

 

Toute l’équipe se souvient de son 'Attention, silence !Moteur demandé ! Aaaaaactiiiii - iiiiiiiiiiiooooooooooooon', qui en a traumatisé plus d’un sur le plateau de La Vieille...

 

Au de là de son professionnalisme, Abigail a toujours su garder la foi nécessaire dans les pires moments de doute et les deux réals lui doivent une fière chandelle. Entourée de son crew venu de Martinique, Abigail a mis le baromètre météo de La Vieille qui roulait au super sur "grand beau"

 

Après son récit et un bref portrait, découvrez en quoi consite exactement le métier de premier assistant réalisateur.

 

 

« Quand j’ai reçu le scénario de Jean-Stephane et Franck, j’ai tout de suite apprécié la manière dont le projet était présenté. Très professionnel dans l’habillage et la structure du dossier, j’ai d’abord été agréablement surprise de voir une note d’intention ! Souvent lorsque je reçois pour la première fois des projets afin d’être assistante réalisatrice, la note d’intention passe à la trappe alors que pour moi c’est élément essentiel pour présenter un projet et s’imaginer une atmosphère.

 

Ensuite à la lecture du dossier, je me suis sentie tout de suite considérée parce que Franck et Jean-Stéphane me faisaient déjà partager leur aventure avec la manière dont ils racontaient l’histoire et la naissance du projet.

 

Il y avait déjà une liste technique et artistique avec des points d’interrogation..

 

 

            Abigail sur le tournage de La Vieille qui Roulait au super

 

A mon premier rendez-vous pour rencontrer « les réalisateurs », j’ai tout de suite vu deux jeunes hommes sans prétentions, passionnés par ce qu’ils allaient faire, et cherchant à être les plus professionnels possibles pour leur première expérience de court-métrage. Détendus et sympathiques, je rentrais dans la famille de « La Vieille» avec un énorme plaisir.

 

Beaucoup de travail a été fait sur le film, le découpage a été revu, le story-board retravaillé et les nuits blanches ont défilé la semaine précédant le tournage.

 

C’est dans une fatigue déjà bien présente qu’on a entamé le tournage et que j’ai pu découvrir le travail d’un assistant réalisateur aux côtés non pas d’un mais de deux réalisateurs!

 

Heureusement que les deux garçons étaient déjà deux très bons amis et que les heures de travail passées ensemble en préparation nous avaient vraiment réuni tous les trois sur une entente, une franchise, une spontanéité naturelle solidifiée par beaucoup de respect mutuel et de confiance.

 

L’expérience que j’ai eue sur ce film a été, pour moi, une des meilleurs que j’ai pu avoir.

 

La préparation et le tournage de ce film ont été très réussis, preuve en est, la magie du tournage était bien là : la création d’une vraie famille a été faite, La Vieille qui roulait au super restera gravée dans ma mémoire et dans beaucoup d’autres de l’équipe »

 

Abigail PANNIER-FRAINO
Première assistante réalisateurs 

 


Thierry Lhermitte et Abigail Pannier, le 10 janvier dernier, à l'EESA.

 

Le rôle du premier assistant réalisateur est déterminant pendant la phase préparatoire du projet. Super coordinateur sur un plateau, son rôle avant tournage est moins connu du grand public. Voici, pour ceux qui découvrent les métiers du cinéma, en quoi il consiste…

 

- Participer au découpage technique avec les réalisateurs et aux repérages

- Organiser les castings avec les réals pour le choix des seconds rôles, silhouettes ou figurants et compléter l’équipe technique

- Assister les réalisateurs pendant les répétitions avec les comédiens

- Etablir les feuilles de dépouillement et le plan de travail. Ce document rassemble par rubriques tous les éléments nécessaires au tournage de chaque scène : décors, acteurs, costumes, accessoires etc. Il faut pour cela avoir déjà estimé la durée de tournage de chaque plan
- Etablir avec les réals et le chef op les plans au sol. C’est le document destiné à toute l’équipe « images », qui précise les emplacements et axes de la caméra pour chaque plan.
- Communiquer à toute l’équipe les feuilles de service regroupant tous les renseignements nécessaires à chaque journée de tournage : une sorte de «menu du jour». L’équipe découvre en effet à quelle sauce elle va être mangée… Contrairement à ce que l’on pourrait croire, un film n'est jamais tourné dans l'ordre du découpage technique… et établir une feuille de service peut être parfois un vrai casse-tête !

- Rédiger avec les réalisateurs et le second assistant la fameuse "bible" du tournage, qui est remise à toute l'équipe technique et artistique et continet toutes les informations pratiques (coordonnées de chacun, plan d'accès, loueurs de matériel, contacts et numéros utiles etc.) 

 

Cette liste n'est pas exhaustive et donnée à simple titre d'exemple : le rôle du premier assistant varie beaucoup en fonction du budget du film et surtout de la personnalité du réalisateur !

 

 

 

Diplômée de l’ESEC Paris (département Arts et Médias électroniques), Abigail Pannier-Fraino s’est orientée vers le métier d’assistante de réalisation après une solide formation  complémentaire: un DEUG de Médiation Culturelle et un DEUG de psychologie.

Depuis La Vieille qui roulait au super, Abigail enchaîne les expériences au poste de première assistante réalisateur : Le frère, de David Mabille (Etant Donné Production), Arcanes de Mathieu Baziadoly (avec la participation de la SAE), Une belle déculottée pour l’humanité de Jochimek et Guedj (en AGDVX100) et de Myriam Kerkour (avec la participation de l’université de Paris St-Denis). Entre la Martinique et Paris, elle prépare aussi son futur film: Toc, toc...

 

 

Pour en savoir plus sur Abigail, téléchargez son CV ou écrivez-lui.

 

Mardi 28 décembre 2004

Sur le tournage de La Vieille qui roulait au super, notre seconde assistante Céline Rossi était aux petits soins des nombreuses personnes qu’il fallait accueillir au HMC - la loge «Habits Maquillage et Costumes». Elle limitait aussi la présence de l’équipe sur le plateau - argument « négocié » avec la direction du supermarché pour obtenir l’autorisation de tourner pendant les heures d’ouverture au public !

 

Dès le premier jour, plus de cinquante personnes se croisaient. Heureusement que Céline a mis de l’huile dans les rouages de cette grosse machine. Sérieuse, toujours souriante, du réveil (5h du mat) au coucher (vers 2h), Céline n’a pas usurpé son titre de « super ‘miss public relations’ » ! Dynamique et patiente, malgré la fatigue de tout le travail préparatoire, elle cause, certes… mais avé son petit accent, c’est une véritable bouffée d’anti-stress !

 

 

«En quelques mots, je suis : chiante… non, ce n'est pas bon ça, pour donner une bonne image de moi. Alors disons plutôt que je suis dynamique, enthousiaste, très bavarde, sérieuse dans le travail mais beaucoup moins dans la vie, têtue, spontanée et sensible. C'est mieux comme ça, non ?  J’ai eu toutes sortes d’expériences au cinéma, comme on peut voir sur mon CV, mais le tournage qui m'a appris le plus est sûrement celui de mon premier long-métrage : Automne. [NDLV: le fameux film dont parlait Agnès Conan]

Le scénario m'a fait rire : je l'ai trouvé original et très différent de ce qui se lit ces temps-ci. C'était frais mais jamais ridicule ni lourd. Bref, ça m'a donné envie de faire partie de l'aventure ! Le titre aussi, j'adore. Il donne déjà un avant-goût de l'esprit et du ton du film. Bravo à celui qui l'a trouvé ! C'est qui au fait ? [NDLV : on vous le dira très bientôt en rendant à César ce qui est à César… mais pour l’instant, chut !]

 


On sentait que même les figurants n’étaient pas là par hasard ou pour passer le temps mais qu'ils avaient une réelle envie de participer et de bien faire. Heureux d'être présents, patients, toujours de bonne humeur… merci à eux ! Je me souviens aussi de cette nuit blanche la veille du tournage. On dit que les emmerdes, ça rapproche mais les tournages aussi, peut-être même plus ! Attention, je me rends compte de ce que j'écris. Qu'il n'y ait aucune ambiguïté ! Ce n’est pas parce que je parle de nuit blanche et de rapprochement qu'il y a anguille sous roche ou baleine sous gravillon. Ce fut une nuit de travail acharné !! [NDLV : on vous le confirme aussi…. pas de mérou sous caillou !]

 

Parmi mes meilleurs souvenirs, je garde en mémoire ma collaboration très sympathique avec Abigail : elle a plus qu'assuré ! Jamais un mot plus haut que l'autre et toujours des remerciements, ça fait plaisir. Collaboration avec une régie d'enfer, aussi !

 

Bon, passons aux choses sérieuses: les deux réals... Une belle découverte pour moi ! Ils sont très différents l'un de l'autre et finalement complémentaires. Et surtout, ils ont réussi un pari difficile qui est la réalisation à deux. Ce n’est pas toujours facile, déjà au stade de l'écriture et de la préparation mais encore davantage sur le plateau. Chacun doit trouver sa place sans faire de l'ombre à l'autre et je trouve qu'ils y ont pas mal réussi même s'il y a eu quelques tensions (et c'est normal sous la pression) qu'ils ont su, je pense, mettre à plat tous les deux seuls.

On sentait bien que ce film n'était pas UN film qu'ils réalisaient mais leur bébé. Tout devait donc être parfait y compris cette "foutue" bible (certains comprendront). Je crois qu'ils ne doivent surtout pas s'arrêter en si bon chemin. Pour moi, il y a deux choses essentielles quand on veut réaliser: avoir un bon scénar (ils l'avaient) et avoir une envie et même un besoin de faire ce film et de réunir les conditions idéales pour le faire (j’ai ressenti ce désir là chez eux). Bref, ce sont tous les deux des personnes carrées dans le travail et très agréables en dehors; ça ne pouvait que fonctionner...

Merci à tous pour cette belle aventure humaine où personne n'a carburé au diesel. Bravo pour ce site génial ! Et j'espère que l'on pourra voir bientôt cette perle d'or noir raffinée, euh pardon, montée...»

 Pour en savoir plus sur Céline, téléchargez son CV

Lundi 27 décembre 2004

Etre costumière, c’est confectionner et trouver les costumes, récupérer, bidouiller, retoucher, repasser, habiller en temps et en heure les comédiens, silhouettes et figurants, faire attention aux petits détails... 
A part l’austère costume de notre mamy Josette -qui ne devait être ni celui d’une ‘vamp’ ni celui de ‘Carmen cru’, la consigne était claire : du bleu, du rose, du jaune, de l'orange... que des couleurs «qui pètent» ! L’idée était non seulement d'opposer la mémé au reste du monde, mais surtout de caractériser l’aspect visuel du « conte moderne » par un éventail de couleurs vives, intenses et éclatantes.

C’est donc à Géraldine Legrain que l'on confia les costumes de notre  «vieille qui roulait au super» et tout son petit monde.


Passionnée de bouts de tissus et de bobines de fils, Géraldine n’est pas de celles qui tombent dans le délire "jeune créatrice de mode qui veut devenir la future Coco Chanel". Rêveuse, elle garde fermement les pieds sur terre et continue sa passion de couturière tout entamant mille et un projets : après avoir enchaîné une série de courts-métrages, Géraldine passe actuellement le permis, cherche un job à mi-temps et donne des cours de couture... en attendant de confectionner les costumes d’un western, d’ouvrir une boutique, de créer sa ligne de bijoux et de retourner à Rome… car voilà quelques-uns de ses projets pour 2005. Rien que ça!


«Après notre rencontre, je suis rentrée chez moi emballée par votre projet. Il y avait tant à faire pour une costumière ! Aux côtés d’une équipe 'super' pro, j'ai trouvé sympa de mettre en scène une mémé acariâtre. En fait, le scénario était assez drôle, avec un superstoryboard, loin des histoires violentes ou morbides qu'on voit souvent!


Il y avait une réelle intention d’auteurs : pour la Vieille, il a fallu chercher le sac le plus miteux, la robe la plus ringarde, les chaussures les plus "Méphisto attitude". Donc, trouver le costume de Josette fut... amusant... mais un peu difficile. Mais c'était, je l'avoue, quand même très sympa de voire Catherine en «Vieille». Que du vif pour les figurants, mais pas droit au rouge ni au blanc... pas de rayé : ça, ce fut un peu déstabilisant. Bon, ça va, personne n'a été trop récalcitrant à mettre des vêtements aussi flashy !


Une chose seulement : tourner dans un Monop, c’est la misère ! Surtout les meeeeeerveilleuses, agréables, courtoises, gentilles clientes de plus de 60 ans ;) Ah, si, une autre petite chose: j'ai adoré qu'on me raconte l'histoire de la chemise bleue sur fond bleu, et j’aurais aimé voir vos têtes à ce moment là... M'enfin si j'avais été à l’EESA, j'aurais été morte de honte! Bon, encore une autre: la claque...


Du fou rire au rayon papeterie, à la vision de  tout le monde qui roupillait sur le balcon, en passant par l’essayage de soutien gorge en arrière plan de l’avant dernière scène, beaucoup de bons souvenirs resteront ! Au fait, vous savez pourquoi on dit« soutien gorge »? C'est parce que sous louis XVI, la poitrine était appelée gorge ; d'où l'expression,en costumerie d’époque "gorge profonde" pour un très grand décolleté... [NDLV ('Note De La Vieille') : merci Géraldine pour cette leçon d’Histoire très sexy ! Bon... le mot de la fin ? ]


Pas de mort, pas de blessé grave, pas de dépression... Tout est bien qui finit bien ! Maintenant, j'attends le DVD collector édition 3 de La Vieille avec un bout du foulard de Josette dans le coffret, ok? Pas besoin de vous souhaiter bonne chance, vous l'avez économisée pendant le tournage, il vous en reste d'avance ! »

Pour plus d'infos, téléchargez le CV de Géraldine

Dimanche 19 décembre 2004

L'univers que l'on souhaitait porter à l'écran était suffisamment déterminé pour singulariser la mise en scène de La Vieille qui roulait au super : l’image du supermarché devait clairement apparaître comme une sorte de cocon esthétique, en gommant le côté froid qui émane des endroits aux lumières crues.

 

Pourtant, pendant la phase préparatoire du film, personne n’avait évoqué la nécessité d’un «chef déco» pour tourner dans un supermarché. Or, c'était bel et bien indispensable et l’on décida quelques jours avant le tournage du film de faire appel à Agnès Conan. « C’est l’envie de redevenir accessoiriste et la lecture du scénario qui m’avaient motivées à rejoindre le projet. » raconte Agnès. «J'ai vite compris en arrivant sur le plateau que j'allais devoir fournir un important boulot en déco mais au début, je savais pas trop comment m'y prendre. Heureusement que mon travail ne s’est pas limité aux accessoires en fait, sinon je me serais ennuyée à mourir! Du coup, j'ai trouvé l'expérience extrêmement enrichissante et, ma foi, plutôt amusante!»

 

Sur le plateau, ce fut un véritable travail d’équipe pour refaire souvent dans l'urgence la décoration de certains plans… Tout le monde prêtait main forte pour déplacer des étagères entières, transporter des têtes de gondoles, manipuler des objets : pour chaque plan, on refaisait les rayons, on alignait les produits, on les assemblait par couleurs… sous le regard effaré de l’aimable direction du Monoprix Italie ! Pour Agnès, «chacun a fait son possible pour que le film fonctionne, et je trouve que c'est un pari plutôt réussi. Vous ne pouvez pas savoir à quel point ce fut jouissif de déplacer les rayons du Monoprix!»

 

 

Les trois premiers jours, notre chef déco et accessoires s’est le plus souvent transformée en "bricolo girl" ...

 

Par exemple « quand il a fallu que je recolle des sucettes à la super glu... Je me demande si cela fait partie de mes meilleurs ou mes pire souvenirs. Mais en tout cas c’était drôle! », souligne-t-elle.

 

Au final, Agnès « garde de très bonnes impressions de ce tournage. Une équipe fort sympathique, des gens motivés et intéressants, qui bossent bien, bref une bonne ambiance générale malgré des conditions de tournage pas toujours aisées…».

 

 

 

Le quatrième jour, pour le tournage des scènes à effets spéciaux, à l’EESA, c’est elle qui manipulait les objets du panier de Florencia à l’aide d’une tige, devant le fond vert, en simulant leurs mouvements en apesanteur. « Tout le travail de maquettisme en 3D, avec Pascal Charpentier, restera un moment fort et inoubliable! Quand même, ça c'etait une sacré expérience, et puis j'en ai appris des choses... »

 

 

 

A seulement 22 ans, mademoiselle Agnès (ou "la grande bambi", c'est comme vous voulez) a encore tout l’avenir devant elle : « C’est à Paname que je me forme aux métiers de l'image et du son... En ayant commencé par être assistante monteur,  je me dirige lentement mais sûrement vers la déco. » Et un début de parcours prometteur: « Au cinéma, j'ai participé à six ou sept courts-métrages en qualité soit d'accessoiriste-déco soit de régisseur, soit de chef monteuse. J'ai également à mon actif, et c’est ma fierté, une expérience d'assistante-monteur sur un long-métrage en super 16 très enrichissant... mais difficile! J'ai aussi été silhouette sur ce long métrage, un "rôle" éprouvant, demandez à Céline ‘mise en scène’! ».

C’est justement ce que nous allons faire très prochainement en partant à la rencontre de Céline Rossi, notre seconde « super » assistante. On ne va pas se priver de lui demander...

 

Pour en savoir plus sur Agnès Conan, téléchargez son CV

 

 
Samedi 20 novembre 2004

envie de faire ce film est partie d’un lieu révélateur de notre société. Il y a de l’argent et des désirs qui circulent, on y trouve des gens pressés, d’autres qui viennent flâner, vagabonder… Bienvenue dans votre supermarché de quartier.

Qui n’a jamais rencontré une mamie Josette, aux détours d’un rayon ? Le genre de personnalité grincheuse, acerbe et renfrognée dans sa solitude, qui déroute tous ceux qu’elle croise. Un personnage à la fois cynique et sarcastique, mais pour lequel on ne peut qu’éprouver finalement une certaine tendresse. Car Josette réussit cet exploit : émouvoir tout en faisant grincer des dents. Personnage central, cette vieille dame qui roule (son caddie et son monde) au supermarché est en outre l’un des vecteurs déterminants de la mise en scène. La caméra n’hésite pas à prendre place dans son regard nous livrant sa vision du monde au vitriol et ses réflexions en voix off.

Les autres personnages ne sont pas en reste : un homme que tout le monde prend pour une star alors qu’il n’est en rien son sosie ; et une jeune femme qui représente la joie de vivre, la part "animale" et épanouie de l’être humain. Le quiproquo va devenir une force libératrice et leur rencontre s’effectuera par l’effet de la pure dynamique du récit. A travers leurs regards qui se croisent et leurs émotions, c’est la vie que nous voulons filmer.

De la caricature d'une réalité collective aux sarcasmes de la vieille femme découlent plusieurs rythmiques propres à la mise en scène.

Les décors et costumes hauts en couleurs forment une sorte de cocon esthétique. Avec des teintes légèrement saturées, des compositions de lumières plus esthétisantes que réalistes, l’image nous plonge de facto dans l’univers du conte. Les effets spéciaux accentueront le côté « poétique » du film. La musique aura une portée considérable sur la dramatisation de l’action. Nous avons réduit les dialogues à une ou deux répliques par acteur seulement, afin de mieux laisser entendre les émotions que véhiculent les mélodies, les jeux de regards et, au montage, le rythme endiablé des plans...

Ni psychodramatique, ni violent, ni donneur de leçon, ce conte moderne et fantaisiste s’est donné pour seule ambition de raconter une histoire « tout public » à la fois très simple dans sa narration, rythmée et poétique dans sa mise en scène, touchante et drôle par ses personnages...

Tout repose sur l’alchimie de ces quelques facteurs réunis.

 

Franck CONFINO

co-auteur, co-réalisateur, producteur exécutif

Jean-Stéphane BEETSCHEN

co-auteur, co-réalisateur, monteur

 

 

Plus de deux mois de gestation, trois mois de préparation, quatre semaines de répétitions, cinq jours de tournage et déjà sept mois de travail pour seulement huit minutes d’un film…

 

Lorsqu’on est co-auteur, le matériau d’un film se constitue à partir des discussions qui précèdent l’écriture proprement dite. A quatre mains, le problème n’est pas la rédaction d’une dizaine de pages mais la préparation, les discussions et le temps que demande l’idée avant de prendre forme. Quand l’un et l’autre exercent en parallèle une activité professionnelle, cela demande en outre beaucoup d’énergie, de disponibilité et d’heures de sommeil sacrifiées à sa passion.

 

Exactement à l’inverse de la « nouvelle vague », dans un film très visuel comme celui-ci, nous voulions être totalement responsables de nos écrits et capables de visualiser toute la mise en scène avant le premier coup de manivelle.

 

Ainsi, dès la rédaction de la continuité dialoguée, il nous avait semblé nécessaire de rédiger un brouillon de découpage technique : nous « tenions» l’idée, le lieu et les personnages mais il restait encore à décortiquer la mathématique du récit, pour trouver un rythme voire des algorithmes à cette histoire toute simple, sans autre ambition que faire (sou)rire et divertir un public très large.

 

Alors on ratura, on gribouilla, on recommença, une nouvelle version chaque jour. L’idée prit forme, lentement mais sûrement… et petit à petit une véritable équipe de gens motivés, bénévoles et passionné