
A ce moment, Thierry Lhermitte contient encore son rire et Christian Turpin essaye de garder son sérieux...

C'est Christian Turpin qui inaugure cette nouvelle rubrique, dans laquelle nous mettrons en lumière le travail de tous les comédiens, des plus petits rôles aux plus grands : d'abord les figurants et silhouettes, puis les trois acteurs principaux (Catherine Giron, Laurent Papot et Florencia Cano-Lanza) en terminant bien sûr par Thierry Lhermitte!
Aucun comédien du film n'était 'amateur'. Mais parmi les silhouettes et figurants, on trouvait à la fois des professionnels et comme Christian Turpin, des amis ou simples connaissances, ayant pour point commun la passion du cinéma, un enthousiasme sans faille pour le projet, ou seulement la curiosité de vivre l'effervescence sur un plateau.
A quoi peut ressembler une journée de tournage du point de vue dun figurant ? Rédigé sous forme de nouvelle, c'est parfois aussi drôle que le film qui est en train d'être tourné ! Voici donc le mini scénario parallèle, qui s'est déroulé dans le parc Meliès, lundi dernier. Et ce n'est pas du cinéma !

«La journée du lundi 10 janvier fut vraiment inattendue et déroutante. La veille, Jean-Stéphane Beetschen me téléphone et me dit quils avaient pensé à moi pour donner la réplique à Thierry Lhermitte dans leur court métrage « La vieille qui roulait au super » : « Simplement la voix dans une phrase ; et cest pour demain lundi ». Stupéfaction de ma part !! Pourquoi ? Parce quils (lui, Frank Confino et les autres) comptent faire reprendre à TL une réplique connue dun de ces films et où le mot « vieux » intervient ; or il semble que je sois le seul vieux (Vieux moi ? tout juste un peu retraité ! [NDLV* : allez, surtout ne le prends pas mal, vieux !
]), avec ma petite barbe mal rasée, que ces jeunes connaissent et peuvent solliciter rapidement. Une heure après, rappel de JSB : « Finalement je vais aussi être filmé et je dois venir avec trois chemises unies différentes, donc non rayées et pas noires ni vertes ». Re étonnement ! Mais je dis OK car je suis libre demain et
curieux. Rendez-vous à 14h30 à Orly ville au parc Méliès où se trouvent les studios de lEESA, lEcole européenne supérieure dAnimation, où JSB est en 3ème année. Et je reçois par e-mail un itinéraire très bien fait.
Pas dembouteillage ; jarrive en avance vers deux heures. Je fais les cent pas devant le bâtiment du studio, proche dun centre médical. Un parking avec des voitures en épi. Un homme minterpelle : « Elle est à vous cette voiture ? » me demande-t-il en me montrant une belle voiture ? - «Oh pourquoi pas ! dis-je admiratif devant cette voiture » - « Alors on va faire un constat car vous mavez éraflé ! ». Effectivement, « ma soi-disant » voiture était garée en diagonale et en reculant avait percuté laile de la voiture dà coté
encore plus neuve et jolie : celle de lhomme minterpellant ! Je mempressai de réfuter mon affirmation, disant en riant que cétait pour rire, etc. etc. et lhomme dut continuer à chercher le vrai propriétaire. Mon humour devenait-il dangereux ?
Revenant alors vers la porte du studio, je vis une dame plus très jeune, 55 ans environ, adossée au mur et attendant. La regardant bien, je reconnus lactrice jouant « la vieille » dans le film où jallais moi-même donner la réplique à Thierry Lhermitte ; en fait je ne lavais vu que maquillée et sur les rushs que Frank Confino le producteur mavais envoyé sur mon e-mail au fur et à mesure du tournage. Je mapprochai de cette dame, histoire de lier conversation jusquà 14h30 : « Bonjour madame, cest vous la vieille ? » dis-je avec un large sourire de bienvenue. La dame me regarda lair ahuri, ouvrit la bouche, mais aucun son ne sortit. Je compris très vite que je métais trompé : « Oh excusez-moi madame, je vous avais pris pour une autre », et je mesquivai vers le parc. Mais jentendis un clic-clac derrière moi et me retournai : cétait la « vieille » qui essayait de me rejoindre en clopinant avec une canne anglaise et qui, ayant retrouvé la parole me criait : « Pourquoi mavez-vous traité de vieille ? Jai un rendez-vous au Centre médical et jattends lheure ; pourquoi mavez-vous appelé « la vieille » ?
». Je marrêtai, lattendis et lui dis : « Nous tournons un film (et je tendis le doigt vers une pancarte en papier posée pour indiquer la porte du studio) et je vous ai pris pour lactrice principale. Mais effectivement vous nêtes pas si vieille
». La dame, à lélocution sûrement difficile, de nouveau tarda à assimiler mon information, se demandant si je me moquais de nouveau delle : jen profitai pour partir très vite hors de sa vue vers le château. Décidément, il devenait dangereux pour moi douvrir la bouche en ce lieu ! [NDLV* : bien entendu, Catherine Giron, notre bonne "vieille", n'était pas présente ce jour là
]
Cela laissait bien mal augurer des tentatives dhumour du film et de la réplique que javais à donner à Thierry Lhermitte.

Quand, en aparté, Thierry Lhermitte n'arrive plus à se retenir... il communique son fou-rire à tout le plateau ![]()
Et plus tard effectivement, Thierry Lhermitte fit comprendre quil ne voulait pas quon fasse ostensiblement des clins dil de cinéphiles avec danciens de ses dialogues [NDLV : pas seulement. Il sagissait effectivement dune idée de dernière minute hasardeuse car elle tronquait lidée du scenario. Mais en déjeunant avec Thierry Lhermitte, il nous a rappelé quil jouait le « vrai Thierry Lhermitte », pas lun de ses rôles ! Donc les réals sont revenus à leur intention première, en approuvant cette lecture très juste quavait fait lacteur de son rôle ]: donc exit le mot « vieux » dans ses paroles. A priori, ma présence nétait plus utile, et sûrement seule l
inertie des choses fit que je conservai mon rôle.
[NDLV : en fait, on t'a gardé parce que tu es sympa et lun des parrains du projet à ses débuts. Ensuite parce que cest grâce à toi quon a enfin pu mettre la main sur Thierry Lhermitte via le produteur du film Qui perd Gagne, Daniel Wurhmann; un parrain de coeur dont on vous reparlera très prochaiement. Enfin et surtout car c'est toi qu'on 'voyait' pour le rôle
]
Christian et Jean-Stéphane dans le studio d'enregistrement de l'EESA
Quant à ma propre réplique, prévue initialement (« Oh rien, il paraît quil y a Thierry Lhermitte au fond du magasin »), elle devint successivement au fil dune quinzaine de répétitions : « Oh rien, il paraît quil y a Thierry Lhermitte là-bas » puis « Oh rien, il paraît quil y a Thierry Lhermitte » puis « Oh rien, paraît quy a Thierry Lhermitte »... Et finalement, après une modification pleine dhumour demandée par l'acteur lui-même, suite à un bégaiement de ma part sur « Thierry », ce fut « Oh rien, paraît quy a Bernard Lhermitte ».
On en resta là, Thierry Lhermitte étant pressé[NDLV* : il enchaînait effectivement avec l'émission 'Qui veut gagner des millions? pour les victimes du tsunami', aux côtés d'Alain Chabat... et nous avions la 'bonne' prise! ]: on ne supprima donc pas Bernard alias Thierry. Heureusement car il ne serait « oh rien » resté du dialogue de cette séquence de « La vieille qui roulait au super ».
Christian Turpin






La « fameuse » scène de la claque : ce moment dune violence extrême a laissé des traces sur les joues de Laurent Clemot et dans les esprits de ceux qui assistèrent au casting comme au deuxième jour de tournage
Le jury ne pouvait quêtre impressionné par un tel réalisme et attribua les rôles sur le champ
A la fin de chaque prise, j'avais envie de courir plonger la tête dans la glace du bac à poisson du magasin. Si au début je maîtrisais la douleur, je commençais à avoir plus de difficulté à me concentrer après les 4 premières claques.
Depuis cette expérience, brève mais marquante, j'hésite encore entre une carrière à la "Bud Spencer et Terence Hill" ou à la "Pierre Richard".
LV :
De formation académique (diplômée du Cours Florent),
La quarantaine fleurissante, Akim décide de tenter sa chance dans le monde du cinéma. Pourquoi? Ce grand rêveur, qui refuse le quotidien, veut tout simplement vivre une existence hors du commun. Ingénieur dans la vie, il na jamais approché de près ou de loin le 7ème Art mais entre dans ce milieu « si fermé » grâce à un ami.
Mais un jour, il est retenu pour le tournage du court-métrage de
Grâce à une atmosphère "bon enfant", notre vigile a ressenti beaucoup de plaisir et rechargé ses batteries. Il espère que le film aura la place quil mérite. Aujourdhui, Akim continue de courir les castings et peut-être décrocher un rôle où cette fois, il aura la chance de faire entendre sa voix. 
Derrière le masque de la Vieille, celle qui roule au super, se cache Catherine Giron.
Pourtant rien ne la prédestinait à suivre sa bohème. Catherine Giron commence par deux années d'études de médecine avant de se laisser attirer par le théâtre. Tout débute avec une troupe damateurs, où Catherine se sent sur scène « comme une reine ». Elle enchaîne les stages : du chant en passant par la danse et plusieurs apprentissages avec Stanislawski, Ariane Mnouchkine et Guy Freixe.
Catherine Giron souvre alors à la vie et en accepte tous les cadeaux. Vive, spontanée, consciente que vivre de son métier artistique est une chance, elle ne sarrête pas et le dit elle-même : « Que pourrais-je faire dautre ? ». Pourtant, dans la réalité, il lui est encore difficile d'atteindre le haut de l'affiche. Alors, entre deux tournées théâtrales, elle court les castings, enchaîne les courts métrages
Catherine reste toujours active!
Cette formidable énergie, Franck Confino et Jean-Stéphane Beetschen lont ressentie tout de suite. De brefs échanges sur Internet et dès le premier contact, un vrai coup de foudre : leur héroïne, ce sera elle! Bien que Catherine soit beaucoup plus jeune que la Vieille, précisons le, les réalisateurs ne voyaient personne dautre à sa place.
Pourtant, la veille du tournage, Catherine a des doutes: une actrice plus vieille naurait-elle pas fait mieux laffaire? Pourra-t-elle « tenir » le rythme du marathon imposé par un plan de travail très lourd et un planning très serré? Elle confie ses doutes aux réalisateurs et envisage même d'abandonner. Avec leur première assistante, 
Comme en témoigne son 



Vous z'avez dit ?